Réduire les émissions de méthane, une priorité toujours sous-estimée, déplore l'AIE

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Les émissions mondiales de méthane provenant de l'exploitation de combustibles fossiles ont atteint plus de 120 millions de tonnes en 2022, « légèrement en dessous du niveau record enregistré en 2019 », selon les dernières données de l'AIE. (©Equinor-Ole Jørgen Bratland)

Les émissions mondiales de méthane liées au secteur de l'énergie ont encore légèrement augmenté en 2022, déplore l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans son « Global Methane Tracker » publié ce 21 février(1).

Le point sur les émissions de méthane en 2022

Le secteur de l'énergie (pétrole, gaz, charbon et bioénergies) a été à l'origine de l'émission de près de 135 millions de tonnes de méthane (CH4) dans l'atmosphère en 2022 (contre près de 131 Mt en 2021), soit un niveau « seulement légèrement inférieur au niveau record enregistré en 2019 » selon les dernières données de l'AIE basées sur les observations satellites et différentes campagnes de mesure. 

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Pour rappel, il est estimé qu'environ 60% des émissions de méthane dans le monde sont d’origine anthropique, les 40% restants provenant de sources naturelles : zones humides principalement, dégel du permafrost libérant des hydrates de méthane, etc. Et les émissions du secteur énergétique constituent elles-mêmes environ 40% des émissions anthropiques de méthane dans le monde, précise l'AIE. 

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Un intérêt à agir vite

Bien que faisant l’objet d’une attention beaucoup plus réduite que le CO2 dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, le méthane (CH4) serait responsable de près de 30% de la hausse des températures dans le monde depuis la Révolution industrielle, rappelle l’AIE : « il se dissipe plus rapidement que le dioxyde de carbone, mais est un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant pendant sa courte durée de vie ».

La lutte contre les fuites de méthane constitue ainsi « l'une des meilleures opportunités à court terme pour limiter le réchauffement climatique, car les voies pour les réduire sont bien connues et souvent rentables ». Selon l'AIE, les émissions mondiales de méthane des secteurs pétrolier et gazier pourraient être réduites de 75% avec les technologies existantes, en investissant près de 100 milliards de dollars d'ici à 2030 (soit « moins de 3% des revenus des compagnies pétrolières et gazières dans le monde l'an dernier »)(2).

« Sur la base des prix moyens du gaz naturel de 2017 à 2021, nous estimons qu'environ 40% des émissions de méthane provenant des opérations pétrolières et gazières pourraient être évitées sans coût net, car les dépenses pour les mesures de réduction seraient inférieures à la valeur marchande du gaz supplémentaire qui serait capturé. Sur la base des prix record du gaz observés dans le monde en 2022, nous estimons qu'environ 80% de ces réductions d'émissions dans le monde pourraient être réaliser sans coût net », détaille l'AIE.

Pour rappel, le « Global Methane Pledge » (lancé en novembre 2021 par plus de 110 pays dans le cadre de la COP26) vise à réduire les émissions de méthane d’origine anthropique de 30% d’ici à 2030. Les pays ayant rejoint cet engagement à ce jour comptent pour près de 55% des émissions anthropiques de méthane au niveau mondial (et pour 45% des seules émissions liées aux énergies fossiles). 
Sources / Notes
  1. Environ 260 milliards de m3 par an de méthane sont actuellement « perdus » dans l'atmosphère (en raison des opérations de tocharge ou de fuites). Les satellites « fournissent une image toujours plus claire des émissions de méthane et augmentent considérablement la connaissance mondiale des sources d'émission », témoigne l'AIE qui appelle à agir.

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